Pourquoi faut-il la mort pour enfin rendre hommage
À ceux qui nous sont chers et qui nous rendent heureux ?
À moins d'être un bon vin ou peut-être un fromage,
Il n'est point bon vieillir sans amis chaleureux !
C'est devenu si rare une main, une épaule,
Une oreille attentive écoutant sans juger
Toujours là quand on pleure ou quand la vie est drôle ;
Cela est rassurant simplement d'y songer.
L'amitié est aussi bien frêle, bien fragile,
Et il nous faut souvent enfiler des gants blancs
Pour dire ce qu'on pense d'une manière habile.
Puis, il faut quelque fois retenir ses élans.
Tout cela sans effort et sans chercher à plaire
Car l'amitié se tisse avec du fil de soie
Visible seulement pour ceux qui ont du flair
Au fait d'un sentiment qui fait naître la joie.
C'est parfois compliqué d'arroser cette plante
Quand l'on est séparé par un vaste océan.
Aussi, faut-il chercher une étoile brillante
Éclairant dans la nuit le chemin du néant.
Peut-on dire « je t'aime » à un ami sincère
Sans qu'on interprète mal cette déclaration ?
Créer un autre mot serait bien nécessaire
Pour faire le portrait de la situation.
Pour la première fois, juste pour toi,
Permets-moi de t'offrir un vocable nouveau
Venant tout droit du c½ur et que l'âme enrubanne,
Il volette vers toi comme un petit oiseau...






